Alimentation, Régime

Régime végan : bon ou mauvais pour votre santé ?

Qui n’a pas aujourd’hui déjà entendu parler du régime vegan ? Plus qu’une simple façon de s’alimenter, le véganisme devient aujourd’hui un nouveau mode de vie et de pensées pour ses pratiquants.

Les origines du véganisme ?

Plébiscité par les stars, vanté les réseaux sociaux, le véganisme est une notion relativement nouvelle puisque le terme n’a été employé pour la première fois qu’en 1946 par Fay K. Henderson. La Vegan Society, créée en 1948 aux Etats-Unis,  a communiqué sa définition officielle en 1951. Son entrée dans divers dictionnaires français tourne autour de 2013 à 2015.

L’évolution de la pensée écologique vers l’écologie radicale mettant tous les êtres vivants humains et animaux sur le même pied d’égalité ;  la prise de conscience de la protection des droits des animaux  allant jusqu’à condamner toute forme d’exploitation d’animale que ce soit dans un but alimentaire ou pour l’habillement… ; et enfin, les différentes religions orientales ont contribué à la naissance du véganisme.

Le véganisme est un mode de vie qui se veut transcendantal pour  préserver la fluidité des ondes de transmission lors de la pratique du yoga ou de la méditation. Cette fluidité pourrait, en effet, être entravée par des lourdeurs générées par la consommation d’aliments comme la viande. Le véganisme est une philosophie qui pousse ses adeptes à lutter contre toute forme d’exploitation des animaux, quotidienne ou non.

Qu’est-ce qu’un vrai vegan ?

Le végétarien ne consomme ni viande, ni poissons ni leurs sous-produits tels que les gélatines. Le végétalien en fait plus : il ne prend aucun produit d’origine animale ni même le lait, le miel ou les œufs. Au sujet du lait, vous pouvez lire l’article sur le débat du régime sans lactose.

Tandis que le végan, lui adopte un mode de vie tel qu’il a définitivement rayé de sa consommation tous les produits provenant des animaux ou de leur exploitation.

Ainsi, il n’irait pas au zoo ni au cirque, le cuir et la laine ne feraient pas partie des matières constituant ses vêtements ou chaussures, les insecticides seraient bannis de leur quotidien… Bref, le végan choisit un mode de vie basé sur le respect total des animaux.

Le régime alimentaire végan

Au niveau alimentaire, un vrai végan se nourrit exclusivement de produits végétaux : légumes, fruits, graines, noix, céréales, baies ou de tout autre produit comestible offert par l’espèce végétale comme les champignons ou les algues.

En cuisine, pour relever ses mets, le vrai végan utiliserait de l’huile végétale, des aromates, des épices, du sel et  du sucre. Son ingrédient de prédilection est le soja, qu’il soit sous forme de lait ou de fromage. Cet engouement relèverait des vertus du soja. En effet, pour 100g de soja, on note 38g de protéines  mais également du bon cholestérol, des fibres et des vitamines, sans oublier les acides gras insaturés qu’il contient.

Le végan refuse d’utiliser tout produit d’origine animale et/ou testé sur des animaux. À ce jour, on dénombre en France, plus de 400 restaurants qui proposent des menus végan.

Un mode de vie qui exclut tous les produits d’origine animale

Se refuser de porter une belle paire de botte en cuir souple, se priver de la joie de sentir à même la peau la caresse soyeuse d’une chemise en soie ou pouvoir admirer les prouesses des lions au cirque, … sont des échantillons des éléments que tout véritable végan dénie volontairement au nom du respect des droits des animaux.

Face à l’engouement de la population pour la tendance vegan, des nouvelles marques de produits cosmétiques naissent et  jouent sur le label végan pour se faire connaitre. Elles affichent que leurs produits n’ont pas été testés sur les animaux ni issus des produits ou sous-produits animaux.

Certaines  grandes marques de produits cosmétiques ont même ajouté une ligne vegan pour augmenter leur clientèle ! Et il existe même des produits qualifiés de  « professionnel » qui osent afficher une tendance vegan alors que les tests sont réalisés sur des animaux !

Heureusement pour ceux qui se laissent parfois attirer par des enseignes pas toujours crédibles, des sites végans évaluent et tentent de débusquer les vrai des faux produit végan. Par ailleurs, des labels facilement reconnaissables peuvent rassurer.

Ainsi, des plus connus des labels végans, on a le label « One Voice» qui garantit que le produit n’a pas été testé sur les animaux et ne contient pas un seul apport d’origine animal, sauf le miel. Mais aussi le label « Cruelty free » qui assure que le produit n’a jamais été testé sur les animaux.

Toujours dans le même fil d’idée, face au développement exponentiel des adeptes de la tendance vegan, des marques de produits alimentaires, de produits cosmétiques et même de mode vestimentaire ont beaucoup investi en recherche pour trouver des possibilités de produits 100% végétales. Ces produits alternatifs vont même jusqu’à reproduire le gout, la vision et/ou la sensation de toucher des produits traditionnels.

Le côté abolitionniste des végans

Etre végan, c’est adopter un mode de vie militant pour les droits des animaux. Cette philosophie est fondée sur l’empathie, et peut-être aussi la compassion, envers les animaux.  Pour mener à bien leur lutte, des végans créent des pages internet, des sites, des articles de presses remplis de leurs indignations face aux atrocités que subissent les animaux au quotidien.

Certaines célébrités comme l’activiste Paul Watson, l’actrice Nathalie Portman ou le journaliste Aymeric Caron sont véganes. Ainsi cela permet, aux travers des médias/réseaux sociaux, d’établir un changement de comportement envers les animaux. Cela sert à sensibiliser l’humanité face à ses responsabilités vis-à-vis des animaux que l’on devrait considérer comme des égaux non pas des esclaves ou des objets de loisir ou d’expérience.

Au Canada, en Ontario, la révision des textes du Droit de l’Homme, a fait que la tendance végane est actuellement reconnue et jouit de la même protection que celle contre une discrimination qu’elle soit raciale ou religieuse… Dans cette province, le véganisme est d’une question d’éthique.

Par exemple, un employeur ayant un salarié n’acceptant pas de porter une tenue ayant un composant dérivé d’un produit ou sous-produit animal, devrait respecter l’opinion de ce dernier et devrait même établir une culture d’entreprise selon cette tendance.

Par ailleurs, en Union Européenne, les produits cosmétiques que l’on a testés sur les animaux sont prohibés depuis le 11 mars 2013.

En plus du respect des droits des animaux, le végan prône également la protection de l’environnement quand il affirme que les productions végétales protéinées jouent un rôle non négligeable dans la préservation des ressources naturelles. Par exemple, pour produire 1kg de bœuf, il faut 15.000 litres d’eau alors que pour 1kg de soja, cela ne nécessite que 1.800 litres d’eau. De plus, les légumineuses augmentent la fertilité des sols en fixant l’azote dans l’air et permettent ainsi de réduire les engrais à utiliser.

Les avantages du régime végan pour la santé ?

Un régime riche en vitamines et minéraux

On a surement déjà entendu parler qu’il faut au moins manger cinq fruits et légumes par jour. Pourquoi ce conseil est-il si connu ? Parce que l’obésité et les maladies liées à l’âge, à la malbouffe et à la surconsommation de viandes relèvent de la Santé publique.

Comme les végans ne consomment que des produits végétaux, suivre ce conseil du Programme National Nutrition Santé concernant la consommation des fruits et légumes ne leur est pas contraignant.

Ces végétaux, fruits et légumes, fournissent les apports en minéraux, en fibres et en vitamines pour remplacer la consommation de viande ou de poisson. Et, pour avoir la gamme complète des apports nutritionnels nécessaires à la santé, et afin de veiller sur la qualité nutritionnelle de ses menus, le végan varie les produits végétaux qu’il consomme.

Il doit alors manger beaucoup de légumes et de fruits variés. En fait, les menus végans sont reconnus être particulièrement riches en nutriments. Autant de nutriments qui permettent de lutter contre le cancer, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Les associations diététiciennes aux USA et au Canada ont d’ailleurs affirmé la qualité nutritionnelle des menus végans à la fois riches en nutriments comme les minéraux et même en calcium souvent décelé dans les tubercules ; mais également riches en antioxydants tels que le sélénium contenu dans les légumineuses par exemple.

Autre exemple : l’homme ne peut vivre sans protéines. Si l’origine des protéines a été souvent liée à la viande, aux œufs et aux poissons ; actuellement il est prouvé que les légumineuses, les céréales complètes peuvent également apporter des protéines végétales dont le corps humain a besoin. Ensembles, légumineuses et céréales se complètent pour combler les besoins nutritionnels en matière de protéines.

Un régime riche en fibres alimentaires

Un menu végan classique est composé de céréales complètes, légumineuses avec des tubercules pour le glucide et les fibres alimentaires , des légumes et des fruits pour les vitamines et les nutriments qu’ils contiennent. Les aliments qui composent le menu sont tous riches en fibres qui existent naturellement dans les produits végétaux.

Ces fibres jouent un rôle important dans la régulation des transits intestinaux. Elles permettent entre autre  la protection contre le cancer du côlon. Elles seraient aussi bénéfiques dans la protection contre le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Un régime sans mauvais cholestérol

Le cholestérol se présente sous deux formes : le bon cholestérol ou HDL et le mauvais cholestérol LDL. Un taux élevé de LDL pourrait engendrer des maladies cardiovasculaires.  Comme la plupart du mauvais cholestérol ne se trouve que dans le règne animal, un végan a peu de risque d’en consommer fréquemment. À ce sujet, vous pouvez lire l’article sur les mensonges du cholestérol.

Des études menées au Canada ont affirmé que les végétariens, végans y compris, auraient moins de taux de LDL qu’un non végétarien. Ce régime serait plus efficace qu’un traitement classique à base de médicaments car on aurait noté une réduction de 29% de taux de LDL. De plus, de peur de carences, les végans mangent équilibré donc  peu de graisses saturées source de mauvais cholestérol.

Il fait manger une grande variété de végétaux

Qui a dit qu’être végan, c’est juste manger des fruits et légumes non  cuisinés ? Ou qu’il n’est pas possible d’être à la fois végan et un fin gourmet ? D’abord pour trouver les ingrédients correspondants à votre style de vie, les magasins végans et/ou bios en sont les plus lotis.

En étant végan, vous serez invité à gouter toutes les bonnes saveurs des produits végétaux. Vous allez même découvrir toute une variété de fruits et légumes exotiques, ainsi que de graines, de céréales, des légumineuses et des fruits oléagineux dont vous n’avez jamais mangé auparavant.

Cela dans le but de varier votre alimentation mais aussi de découvrir de nouveaux goûts pour ne pas s’en lasser.

Régime vegan et carences alimentaires

Attention, un régime végan nécessite de la vigilance. Tout simplement parce qu’il y a un risque de carence en protéines et de certaines vitamines !

Le régime végan et les protéines

Les protéines qui sont une chaine d’acides aminés, sont nécessaires pour la fabrication des hormones, le maintien de la masse musculaire… Afin d’avoir un bon taux de protéines, il faut donc manger  des aliments riches en protéines et par conséquent en acides aminés.

Pour les végétariens non stricts, le problème ne se pose pas du fait qu’ils consomment du lait et des œufs ; tandis que pour les végans, il doit y avoir une surveillance accrue, car la valeur biologique de la majorité des protéines végétales ne sont pas complètes. En effet, elles ne regroupent pas tous les acides aminés essentiels. Cette phrase devrait ravir les premiers opposants aux végans, les pratiquants du régime paléolithique. Vous pouvez aussi lire l’article sur le régime paléo.

Une protéine est dite « de  bonne qualité nutritionnelle » si et seulement si elle contient tous les acides aminés essentiels. C’est le cas des protéines d’origine animale et pour le soja qui est d’origine végétale. Si un seul acide aminé essentiel manque, l’utilisation des autres acides aminés non essentiels est limitée.

C’est ce que l’on nomme « acide aminé à facteur limitant ». Toutefois, il est inutile de paniquer sur son régime végan, des aliments peuvent être combinés afin d’avoir un repas avec tous les acides aminés essentiels. Par exemple manger du riz avec des haricots ou de la semoule avec des lentilles. Il faudra donc diversifier les sources de protéines en mangeant du soja, des céréales, des légumineuses, des graines et des fruits oléagineux.

Aussi tous les végans sont invités à combiner céréales et légumineuses et/ou graines et légumineuses avec des fruits oléagineux s’ils ne sont pas prêts à manger du soja, qui est source de protéine végétale complète. Pour avoir un repas attrayant, il faudra donc avoir des idées de combinaison de menu, répondant aux critères des acides aminés, ce qui rend le régime contraignant.

Le régime végan et la vitamine B12

Longtemps on a cru que la spiruline, la levure de bière ou les germes de blé contenaient de la vitamine B12. Aujourd’hui, il s’avère que le règne végétal n’en contient pas. Aussi cette carence en vitamine B12 pose un réel problème chez les végans : il est impossible de la trouver naturellement dans une alimentation uniquement à base de végétaux.

D’ailleurs, une étude faite par des Allemands a affirmé que 60% des végétariens (y compris végétaliens et végans) souffrent gravement d’une carence en vitamine B12. Néanmoins, cette carence peut être comblée par la prise de complément alimentaire végan.

Ce risque de carence n’est pas à prendre à la légère car le manque de vitamine B12 est source d’anémie. Si cette carence perdure, elle provoque un manque de concentration, des troubles du sommeil, des troubles gastro-intestinaux… et à un stade plus avancé, la dépression et des troubles neurologiques graves.

En effet, le manque de vitamine B12 conduit à une «dégénérescence de la gaine de myéline qui entoure les nerfs ». Mais le pire avec cette carence, c’est que les symptômes peuvent n’apparaitre que des années plus tard. Afin d’éviter cela, mieux vaut surveiller son acide méthylmalonique par un test MMA.

Soyez alors vigilant quand vous allaitez car les bébés dont les mères sont véganes, végétaliennes ou végétariennes et qui manquent de vitamine B12 n’en donnent pas non plus à son enfant. Et selon les statistiques, ce sont les enfants qui sont les plus touchés par la carence en vitamine B12.

Cette carence est aussi présente chez les enfants non végétariens, car ne manger qu’une alimentation industrielle n’apporte pas pour autant la vitamine B 12.

 

Conclusion sur le véganisme

Vous connaissez maintenant la différence entre vegan et végétalien. Si vous êtes contre le fait de tuer les animaux pour les consommer, vous pourriez donc devenir un vrai végan.

Si vous comptez vous adonner à cette pratique, je vous conseille aussi de faire les bonnes associations pour ne pas manquer de protéines. Concernant la vitamine B 12, vous pourrez simplement vous tourner vers les compléments alimentaires.

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A propos de David Roussillon

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